LA PHOTOGRAPHE OLGA VALESKA SE DÉVOILE AUTOUR D’UN CAFÉ CRÈME 2.0

[YAH] : Bonjour Olga Valeska, pour commencer, peux-tu te présenter brièvement ?
Bonjour ! Je me présente, mon nom (d’’artiste) est Olga Valeska, j’ai 20 ans, je suis étudiante en troisième année de licence de Lettres Modernes. Je m’’intéresse à beaucoup de domaines différents : la littérature, la philosophie, le dessin, la sculpture, le cinéma, les arts en général. Quant à la photographie, je l’’ai découverte il y a un peu plus de trois ans, mais je pense ne m’’y être réellement plongée que depuis un an. Le reste… ce serait bien long à expliquer !

[YAH] : Comment décrirais-tu ton univers artistique ?
Mon univers est assez onirique, baroque, marqué par le symbolisme, le surréalisme. C’’est un univers où je me réfugie très souvent, et qui occupe une place primordiale: il est imprégné de mes rêves, de mes aspirations, de mes questions existentielles. Ce que je dévoile dans ma photographie est une part de moi-même, de mon inconscient, mais aussi ma vision de ce monde que je tente d’’explorer et de comprendre. Depuis longtemps, je suis insatisfaite de la réalité, je désire plus que tout donner du sens à l’’existence : voilà ma façon d’’y parvenir. Car ce monde est absolument étonnant : je le trouve magnifique, mais il ne me satisfait pas. Je fais donc des photos pour lui montrer que je l’’aime et que je le déteste tout à la fois : d’’une part en le sublimant, en essayant de montrer sa grandeur, mais d’’autre part en lui opposant aussi un univers complètement différent.

[YAH] : Comment se déroule la création d’une photo ?
C’est une démarche très particulière, personnelle, intuitive et instinctive, qui se subordonne aux aléas de ma pensée, de mes humeurs. Mes inspirations sont multiples, changeantes : certaines idées m’’apparaissent sans vraiment savoir pourquoi. Parfois je les exécute sur le champs, d’’autres fois, je les garde pour plus tard dans un coin de ma tête. Mais surtout je laisse toujours une grande part à l’’improvisation.

[YAH] : Qui travaille a tes côtés pour la réalisation d’une photo ? et comment ?
Je travaille exclusivement seule à la réalisation de mes photos, et la plupart du temps je suis mon propre modèle. Parfois je sollicite ma famille et certains de mes amis pour se prêter au rôle de modèle mais finalement cela reste assez rare. Je n’’arrive vraiment à créer, à inventer d’’autres univers, que lorsque je suis seule. Mon travail repose sur un exercice d’’introspection assez poussé !

[YAH] : Une photo, c’est combien de temps de travail ?
C’’est assez variable, mais je dirais que l’essentiel du travail pour moi réside dans le temps qui précède la prise de vue en elle-même, c’’est-à-dire, dans la mise en place des décors, le choix des costumes, la coiffure, le maquillage, etc. C’est peut-être même la partie qui m’’enthousiasme le plus ! Cela peut donc prendre cinq minutes comme cela peut prendre deux heures… ! Il n’y a pas de règle, ni de constante jamais. Enfin, je passe très peu de temps sur la retouche : un quart d’heure suffit amplement en règle général.

[YAH] : Qui se cache derrière les modèles qui posent pour toi ? et quelle est ta relation avec elles ?
Comme je l’’ai dit précédemment, je suis mon principal modèle : j’’aime me dédoubler, me démultiplier, car mes goûts et les facettes de ma personnalité sont vraiment diverses. Je me plaît à me glisser dans la peau d’’autres personnages qui sont une part de moi mais qui ne sont plus tout à fait moi… Je me transforme, je me métamorphose, je me façonne je me « modèle » ! Ceci dit, il m’’arrive donc de solliciter l’’aide de mes amis ou de ma famille. En effet, j’ai besoin d’entretenir une vraie relation avec un « modèle ». J’ai besoin de comprendre ses rêves, ses aspirations, sa personnalité… et inversement. Ma démarche étant assez particulière, j’’ai surtout besoin d’avoir un niveau d’’intimité assez élevée avec la personne ! En effet, elle doit se soumettre à mon inspiration qui est changeante d’un jour à l’autre, à mes bizarreries aussi, ce qui n’’est toujours pas gagné d’avance, et puis comprendre ce que je cherche à saisir, être là au moment propice. C’est pourquoi être mon propre modèle au vu de tout cela me semble beaucoup plus évident.

[YAH] : Est-ce que le modèle influence ta photo ou c’est ta photo qui sublime le modèle ?
Cela dépend des personnes : certains modèles se laissent transformer, d’’autres m’’inspirent, me proposent de nouvelles idées, d’’autres encore les deux à la fois. Mais la plupart du temps c’’est plutôt moi qui imagine des mises en scènes pour les modèles, qui cherche à les transformer. En général, il y a dans mon esprit des personnages, des figures prédéfinies que je souhaiterais qu’’ils incarnent. Mais la plupart du temps, – et c’est une part d’imprévu que j’’apprécie beaucoup – ce personnage prédéfini allié à la personnalité du modèle et aux circonstances de la prise de vue offrent un résultat toujours inattendu.

[YAH] : Comment envisages-tu l’évolution de ton travail ?
J’’aimerais m’ouvrir un peu plus aux autres, tout en conservant toujours ce jardin secret… Pourquoi pas m’’orienter vers une école de photographie, et faire de cette passion un métier. Quant à mes inspirations futures, comment pourrais-je les connaître par avance ? Advienne que pourras !

[YAH] : As-tu déjà exposé ? Si oui, où ça ? Si non, aimerais-tu être exposé ?
En quelque sorte, oui : tout récemment, sur le site d’expositions virtuelles weeklart. Mais j’aimerais vraiment être exposée et j’y pense très sérieusement.

[YAH] : Souhaiterais-tu travailler sur des projets artistiques avec d’autres artistes, son, musique, vidéo ou autre ?
Oui, j’’aimerais beaucoup.

[YAH] : La journée type d’Olga Valeska, ça donne quoi ?
Quelle étrange question, il n’y a pas de journée type… heureusement ! Je ne sais jamais à quoi m’attendre. Mon imagination est débordante et je suis assez impulsive, de fait souvent je me retrouve à faire quelque chose à laquelle je n’aurais jamais pensé la veille ! Mais pour être très franche je passe le plus clair de mon temps dans mon univers, dans une réalité qui n’’existe que pour moi mais qui prend énormément de place dans ma vie, un peu trop peut-être. En extérieur, j’ai sûrement l’air de mener une vie très calme, mais je m’en fiche pas mal. Ma vie réelle n’a pas beaucoup d’’importance car ma vraie vie est intérieure.

[YAH] : Que penses-tu du concept YOU-ART-HERE ?
Pour moi, c’est un concept formidable, qui donne la parole à tout le monde et permet de se faire connaître tout en découvrant de nouveaux artistes… Que dire de plus !

[YAH] : Un petit mot pour finir ce café crème 2.0 ?
Oui ! Une citation de Charles Baudelaire : «Tout enfant, j’ai senti dans mon cœœur deux sentiments contradictoires : l’horreur de la vie et l’extase de la vie»
Merci beaucoup pour le temps que vous m’avez consacré et pour ce délicieux café crème !

[Interview réalisée par Patrice.]

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